Paul Marcheix

Famille recomposée

organiser sans improviser

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Le livre

Famille recomposée : organiser sans improviser

Rôles, argent, égalité entre les enfants : ce qu'il faut poser avant, en moins d'une heure de lecture

6,99 € · ebook Kindle · moins d'une heure de lecture

Les questions qu'on se pose, et ce que répond le guide

La question qui commande tout

Avant de vous demander comment organiser le quotidien, posez-vous celle-ci : quelle place chacun de nous imagine-t-il pour le nouveau conjoint auprès des enfants, et cette place correspond-elle à ce que les enfants eux-mêmes peuvent accepter à leur rythme ?

Ce n'est pas une question qu'on tranche une fois pour toutes en une conversation. Elle se repose à mesure que les enfants grandissent, que la relation s'installe, et que la confiance se construit ou non. Mais la poser tôt, avant que les habitudes ne s'installent d'elles-mêmes, évite qu'un malentendu sur cette place ne s'installe en même temps que le quotidien.

Se parler, à deux, avant de parler aux enfants

Recomposer une famille suppose une conversation de couple qui précède toute annonce aux enfants : quelle organisation matérielle, quelle place pour chacun, quelles règles communes. Annoncer un projet encore flou aux enfants, en espérant que les détails se régleront ensuite, les installe dans une incertitude que les adultes auraient pu leur épargner en clarifiant d'abord entre eux.

Le rythme de vie commun

Le premier arbitrage porte sur la façon dont les enfants circulent entre les foyers, quand ils sont présents, et comment cette présence, parfois partielle pour certains d'entre eux, s'articule avec le quotidien du foyer recomposé. Un foyer où les enfants sont présents à des rythmes différents, certains à temps plein, d'autres un week-end sur deux, demande une organisation plus fine qu'un foyer où tous les enfants suivent le même calendrier.

L'autorité du quotidien, sans se substituer à personne

Le deuxième arbitrage, souvent source de tension, porte sur ce que le nouveau conjoint peut ou non décider seul dans le quotidien, sans en référer d'abord au parent biologique.

La place de chacun dans les décisions qui concernent les enfants

Le troisième arbitrage porte sur la façon dont le nouveau conjoint est informé et associé aux décisions qui concernent les enfants qui ne sont pas les siens, sans pour autant se substituer au parent qui en a la responsabilité légale. Être tenu à l'écart de toute décision installe le nouveau conjoint dans une position de simple hébergé plutôt que de membre du foyer ; être placé en situation de trancher seul des décisions qui ne lui reviennent pas l'expose à un rôle qu'il n'a pas à porter.

Ce que le mélange des enfants révèle sur l'argent

Une famille recomposée fait cohabiter, presque toujours, des enfants dont les besoins matériels ne sont pas financés de la même façon : une pension versée par un autre parent pour l'un, une contribution différente ou absente pour un autre, des revenus personnels inégaux entre les deux nouveaux conjoints. Ce mélange, s'il n'est pas organisé, produit rapidement un sentiment d'iniquité chez les enfants ou entre les adultes, même quand personne n'a l'intention de traiter qui que ce soit différemment.

Le modèle qui traite chaque enfant sans distinction

La méthode la plus simple à tenir dans la durée sépare l'argent du foyer en poches distinctes, sur le même principe que celui d'un couple qui s'installe pour la première fois : un compte commun pour les charges du foyer, qui profite à tous les enfants présents sans distinction d'origine, un compte commun pour les projets et les loisirs partagés, et un compte personnel pour chacun des deux adultes.

Les frais imprévus liés aux enfants

Une famille recomposée fait face, plus souvent qu'un premier foyer, à des frais imprévus liés aux enfants : un équipement scolaire de dernière minute, une activité qui se décide en cours d'année, un déplacement lié à l'organisation avec l'autre parent. Prévoir, dans le compte commun projets, une réserve destinée spécifiquement à ces imprévus évite qu'ils ne deviennent, à chaque fois, une négociation improvisée entre les deux adultes.

Ce que suppose l'annonce faite à l'autre parent

Avant même d'informer les enfants, il est souvent utile, quand la relation le permet, d'informer l'autre parent de l'évolution de votre situation, plutôt que de laisser l'enfant lui-même porter cette annonce. Un enfant qui doit annoncer à son autre parent l'arrivée d'un nouveau conjoint dans son quotidien porte une charge qui ne devrait pas être la sienne, et qui peut le placer dans une position de loyauté divisée dès le début de la recomposition.

L'annonce aux enfants

L'annonce elle-même mérite d'être pensée enfant par enfant plutôt que collective par défaut : un jeune enfant et un adolescent n'ont pas besoin des mêmes mots ni du même niveau de détail. Le moment choisi compte aussi : éviter de la faire coïncider avec un autre changement important dans la vie de l'enfant, une rentrée scolaire chargée, une période déjà difficile avec l'autre parent, limite le risque de saturer sa capacité d'adaptation.

Les premières semaines de vie commune

Les premières semaines concentrent la plupart des ajustements pratiques : qui range où, quelles habitudes de chaque foyer d'origine se poursuivent, lesquelles doivent évoluer pour que tout le monde trouve sa place. C'est aussi la période où le principe d'égalité de traitement entre les enfants, posé en théorie avant l'emménagement, se met à l'épreuve du réel, souvent sur des détails qui semblaient sans importance vus de loin.

Vouloir aller plus vite que les enfants

L'erreur la plus fréquente n'est pas un mauvais choix d'organisation, c'est le rythme : vouloir que la famille recomposée fonctionne comme une famille de toujours, alors que les enfants ont besoin d'un temps que les adultes, portés par leur propre histoire de couple, ont tendance à sous-estimer. Ce décalage de rythme, non nommé, se lit souvent chez l'enfant comme une pression plutôt que comme un désir sincère de bien faire.

Chercher à remplacer l'autre parent

Un nouveau conjoint qui, avec de bonnes intentions, cherche à occuper la place d'un parent absent ou moins présent, provoque presque toujours une résistance, y compris chez un enfant qui n'a pourtant pas une relation simple avec ce parent. Ce n'est pas un jugement sur la valeur du nouveau conjoint, c'est la reconnaissance qu'une place de parent ne se transfère pas, même quand elle semble vacante.

Traiter les enfants différemment sans s'en rendre compte

Une différence de traitement, même minime, un enfant qui a droit à quelque chose que l'autre n'a pas dans une situation comparable, s'installe souvent sans que les adultes en aient conscience, par habitude prise avec leurs propres enfants avant la recomposition. Ce sont pourtant ces différences, accumulées, qui pèsent le plus lourd dans le ressentiment qui peut s'installer entre les enfants du foyer.

Les signaux qui doivent alerter

Certains signes méritent votre attention avant qu'ils ne s'installent durablement : un enfant qui se retire progressivement de la vie commune, un des deux adultes qui prend systématiquement la défense de ses propres enfants dans chaque désaccord, un climat de comparaison permanente entre les enfants du foyer, ou une tension qui revient identique malgré plusieurs tentatives d'ajustement.

Ce que révèle un enfant qui se met en retrait

Un enfant qui s'isole progressivement, qui évite les temps communs ou qui devient anormalement discipliné pour ne pas se faire remarquer, envoie un signal qui mérite d'être pris au sérieux, même en l'absence de conflit ouvert. Ce retrait n'est pas toujours l'expression d'un rejet du nouveau foyer : il peut aussi traduire une loyauté mal résolue envers un parent absent, que l'enfant craint de trahir en s'attachant trop visiblement au nouveau conjoint.

Ce sont des extraits du guide. Il va plus loin : il pose les questions dans l'ordre où elles se posent, avec de quoi décider à chaque étape.

Où trouver les chiffres à jour

Les barèmes, montants et délais changent, et ils ne sont pas les mêmes d'un pays à l'autre. Plutôt que de recopier ici des valeurs qui seront fausses dans six mois, voici où les lire à la source, dans les quatre pays où ce livre est vendu.

France

  • Service-Public.gouv.frLe portail officiel de l'administration française : démarches, délais et règles en vigueur.

Belgique

  • Belgium.beLe portail officiel des informations et services de l'État belge.
  • Notaire.beCohabitation, mariage, séparation, protection du partenaire : le point de vue notarial.

Suisse

  • ch.chLes informations officielles de la Confédération, des cantons et des communes.

Québec

  • Québec.caLe portail du gouvernement du Québec : programmes, montants et démarches.
  • ÉducaloiLe droit expliqué en langage clair, par un organisme spécialisé.

Le fichier de suivi qui accompagne le livre

Le livre s'accompagne d'un fichier de suivi : un document à imprimer ou à remplir à l'écran, avec la place pour écrire. Il ne contient aucun montant ni barème : il reprend les outils du livre, pour ne pas avoir à le rouvrir à chaque étape.

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