Paul Marcheix

Vivre en colocation

les règles à poser avant d'emménager

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Le livre

Vivre en colocation : les règles à poser avant d'emménager

Bail solidaire ou individuel, argent et tâches, meubles : ce qu'il faut décider avant d'emménager, en moins d'une heure de lecture

4,99 € · ebook Kindle · moins d'une heure de lecture

Les questions qu'on se pose, et ce que répond le guide

Ce que la colocation demande, au-delà de s'entendre

Beaucoup de gens abordent une colocation en pensant que le plus important est de bien s'entendre avec les autres. S'entendre aide, mais ce n'est pas ce qui fait tenir une colocation dans la durée : ce qui la fait tenir, c'est un accord clair sur l'argent, les espaces et les responsabilités, qui continue de fonctionner même les jours où l'entente est moins bonne. Une bonne entente sans accord clair s'effondre au premier désaccord sérieux, faute de règle à laquelle se référer.

Connaître la différence entre bail solidaire et baux séparés

Un bail solidaire engage chaque colocataire pour l'ensemble du logement : si l'un ne paie plus sa part, les autres restent responsables de la totalité envers le propriétaire. Des baux séparés limitent chacun à son propre engagement, mais sont plus rarement proposés et laissent le propriétaire choisir qui il accepte pour chaque chambre.

Choisir ses colocataires : amis, connaissances ou inconnus

Vivre avec des amis proches rassure sur l'entente immédiate, mais expose la relation elle-même si un désaccord d'argent survient. Vivre avec des inconnus recrutés par annonce demande plus de vigilance au départ, mais sépare plus naturellement la vie commune de vos relations personnelles préexistantes.

Bail solidaire ou baux individuels

Un bail solidaire est plus simple à obtenir auprès d'un propriétaire, mais il engage chacun pour la totalité du loyer si un colocataire ne paie plus. Des baux individuels protègent chacun de cette solidarité, mais sont plus rares et laissent le propriétaire sélectionner chaque colocataire séparément. Le bon arbitrage dépend de la confiance réelle que vous avez dans la stabilité financière de chacun, pas seulement de la simplicité administrative de l'une ou l'autre option.

Espaces privés et espaces communs, définis dès le départ

La taille et la répartition des chambres influencent souvent la répartition du loyer, mais ce lien doit être posé explicitement dès le départ plutôt que supposé implicitement. Une chambre plus grande ou avec plus de lumière justifie souvent une part de loyer légèrement supérieure, à condition que ce soit décidé ensemble avant d'emménager, pas négocié après coup quand l'un se sent lésé.

Répartir le loyer et les charges selon une règle écrite

La répartition la plus simple, à parts égales, convient à la majorité des situations, mais elle doit être écrite et non seulement dite, pour éviter tout flou au moment du premier désaccord. Si la répartition n'est pas strictement égale, en raison de la taille des chambres ou d'un accord particulier, la règle exacte et son calcul doivent être clairs pour tous dès le départ, jamais recalculés au gré des tensions.

Un compte commun pour les dépenses partagées

Un compte ou une cagnotte commune, alimentée par un virement fixe chaque mois, simplifie considérablement le paiement des charges partagées : énergie, connexion, produits ménagers. Ce système retire la nécessité de calculer et de réclamer, dépense après dépense, ce que chacun doit aux autres, ce qui est souvent la source de tension la plus fréquente et la plus évitable d'une colocation.

Ce qu'il faut faire quand un colocataire est en retard de paiement

Un retard ponctuel de paiement, s'il reste isolé et communiqué à l'avance, ne mérite pas la même réponse qu'un retard récurrent ou non expliqué. Fixer, dès le départ, ce qui se passe en cas de retard, un délai de tolérance, une communication obligatoire, une conséquence si le retard se répète, évite que chaque situation ne soit traitée au cas par cas, sous le coup de l'agacement du moment.

Avant la signature du bail

C'est avant de signer, jamais après, que doivent être posées la structure du bail, la répartition du loyer et les règles de vie principales. Signer d'abord en pensant régler les détails plus tard installe un rapport de force différent : une fois engagés ensemble sur le papier, il devient plus difficile de faire accepter une règle qu'un colocataire découvre après coup et qu'il n'a jamais validée.

Le jour de l'emménagement

L'état des lieux d'entrée, la répartition des espaces et le premier virement vers le compte commun se font le jour même de l'emménagement, pas dans les semaines qui suivent. Reporter ces étapes, même de quelques semaines, installe une habitude d'improvisation qu'il devient ensuite difficile de corriger, une fois que chacun s'est installé dans un fonctionnement informel.

Un point régulier, pas seulement en cas de problème

Un point court, chaque mois ou chaque trimestre, pour vérifier que la répartition des dépenses et des tâches convient toujours à chacun, permet de corriger un déséquilibre avant qu'il ne devienne une source de ressentiment installé. Ce point ne doit pas attendre qu'un problème existe déjà : il sert justement à en éviter l'apparition, en donnant à chacun un moment prévu pour exprimer un désaccord naissant.

Croire que l'amitié dispense des règles écrites

L'erreur la plus fréquente entre amis proches est de penser que la qualité de la relation rend les règles écrites superflues. C'est l'inverse qui protège la relation : une règle écrite sur l'argent ou les tâches ne remplace pas la confiance, elle évite simplement que l'argent ne devienne, plus tard, le sujet qui abîme une amitié qui existait avant le logement commun.

Signer un bail solidaire sans en mesurer la portée

Accepter un bail solidaire sans avoir compris qu'il engage chacun pour la totalité du loyer, y compris la part d'un colocataire défaillant, expose à découvrir cette réalité au pire moment, celui où elle se produit. Cette clause doit être comprise et discutée avant la signature, avec une réponse déjà posée sur ce qui se passerait si elle devait s'appliquer.

Ne pas tracer les dépenses et les achats communs

Compter sur la mémoire de chacun pour les dépenses communes ou les objets achetés ensemble fonctionne un temps, puis produit presque toujours un désaccord sur qui a payé quoi, généralement au moment où la confiance en aurait le plus besoin. Une trace simple, même minimale, coûte moins d'effort sur la durée que la reconstruction d'une mémoire commune au moment d'un conflit.

Un colocataire ne paie plus sa part

Si un colocataire cesse de payer sa part sans explication ni plan, la priorité est de formaliser rapidement la situation, par écrit, plutôt que de laisser la dette s'accumuler dans le flou en espérant qu'elle se résorbe d'elle-même. Un accord écrit de remboursement, même modeste, protège les autres colocataires mieux qu'une tolérance informelle qui n'engage à rien et qui s'use avec le temps.

Un désaccord sur les tâches ou le bruit s'installe durablement

Si un désaccord sur le quotidien, tâches ménagères ou nuisances sonores, persiste malgré des discussions répétées, revenir aux règles posées au départ, ou en écrire de nouvelles explicitement si elles n'existaient pas, vaut mieux que de laisser la tension s'accumuler en silence. Un conflit nommé et discuté, même inconfortable sur le moment, coûte moins à la colocation qu'un ressentiment qui s'exprime uniquement par des sous-entendus.

Ce sont des extraits du guide. Il va plus loin : il pose les questions dans l'ordre où elles se posent, avec de quoi décider à chaque étape.

Où trouver les chiffres à jour

Les barèmes, montants et délais changent, et ils ne sont pas les mêmes d'un pays à l'autre. Plutôt que de recopier ici des valeurs qui seront fausses dans six mois, voici où les lire à la source, dans les quatre pays où ce livre est vendu.

France

  • Service-Public.gouv.frLe portail officiel de l'administration française : démarches, délais et règles en vigueur.
  • ANILL'agence nationale pour l'information sur le logement. Information neutre et gratuite, et des agences départementales qui répondent par téléphone.

Belgique

  • Belgium.beLe portail officiel des informations et services de l'État belge.
  • Notaire.beAchat, acte, frais et garanties immobilières en Belgique.

Suisse

  • ch.chLes informations officielles de la Confédération, des cantons et des communes.

Québec

  • Québec.caLe portail du gouvernement du Québec : programmes, montants et démarches.
  • ÉducaloiBail, achat, copropriété : les règles québécoises expliquées.

Le fichier de suivi qui accompagne le livre

Le livre s'accompagne d'un fichier de suivi : un tableur : vous entrez vos chiffres, il calcule à votre place. Il ne contient aucun montant ni barème : il reprend les outils du livre, pour ne pas avoir à le rouvrir à chaque étape.

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