Paul Marcheix

Démissionner

partir au bon moment et dans les formes

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Le livre

Démissionner : partir au bon moment et dans les formes

Les trois plans à poser avant d'écrire la lettre, ce que ça coûte vraiment, et l'ordre des décisions : la méthode, en moins d'une heure de lecture

6,99 € · ebook Kindle · moins d'une heure de lecture

Les questions qu'on se pose, et ce que répond le guide

Fuir un poste n'est pas fuir un métier

La première question à trancher n'est pas « dois-je partir », c'est « qu'est-ce que je fuis exactement ». J'ai vu des personnes démissionner d'un emploi qui leur convenait globalement, simplement parce qu'un supérieur direct rendait chaque journée pénible. J'ai vu l'inverse : des personnes rester des années dans un métier qui ne leur correspondait plus, parce que l'équipe était agréable et que le vrai problème, le métier lui-même, restait invisible derrière le confort relationnel.

Une réserve, avant tout le reste

Aucun projet de départ ne tient sans une réserve financière capable d'absorber une période sans revenu régulier, plus longue que ce qu'on imagine au moment où l'on est encore en poste. Cette réserve n'est pas un confort, c'est la condition qui permet de refuser une offre médiocre par nécessité, de prendre le temps de bien choisir la suite, et de ne pas transformer un projet réfléchi en fuite en avant faute d'argent.

Trois plans, pas un seul

Avant d'écrire quoi que ce soit, posez trois plans distincts, dans cet ordre de préférence mais tous les trois réellement envisagés : un plan de recherche d'un nouveau poste comparable, un plan de création de votre propre activité, et un plan de repli qui consiste à revoir vos aspirations à la baisse pour accepter un poste plus accessible que celui que vous visiez au départ.

Le plan de repli n'est pas un échec

Revoir ses aspirations à la baisse ne veut pas dire baisser sa valeur. Accepter un poste moins ambitieux que celui espéré, le temps de reconstituer une stabilité, reste une décision raisonnable si elle est choisie consciemment plutôt que subie par épuisement de la recherche. Ce plan mérite d'être posé dès le départ, précisément pour qu'il reste un choix et ne devienne pas un renoncement de dernière minute pris dans la panique.

Ce que personne ne dit sur la création d'activité

Aucune démarche de prospection préalable ne garantit d'avoir des clients dès le premier mois. Il faut une trésorerie capable d'absorber des mois plus compliqués que d'autres, et accepter cette réalité avant de partir plutôt que de la découvrir une fois le salaire arrêté.

Ce que couvre réellement votre réserve

Une réserve suffisante pour un imprévu ordinaire ne l'est pas nécessairement pour une transition professionnelle volontaire. Elle doit couvrir non seulement le délai habituel de recherche, mais aussi le délai supplémentaire qui survient couramment quand une piste attendue n'aboutit pas. Calculer large plutôt que sur la durée la plus favorable évite de se retrouver contraint d'accepter la première offre venue par nécessité plutôt que par choix.

Une démission n'ouvre pas les mêmes droits qu'une perte d'emploi subie

Le traitement d'une démission par les systèmes d'assurance chômage est en général plus restrictif qu'une rupture à l'initiative de l'employeur, selon des règles qui varient sensiblement d'un pays à l'autre et évoluent dans le temps.

Le crédit à la consommation, une tentation qui revient toujours

Une période sans revenu stable rend le crédit à la consommation particulièrement tentant pour absorber un écart temporaire. C'est précisément le moment où il faut s'en méfier le plus : un revenu incertain ne permet pas d'évaluer sereinement la capacité à rembourser, et une mensualité fixe ajoutée à une situation déjà tendue aggrave la difficulté au lieu de la résoudre.

Ce qui se prépare avant la lettre

Tout ce qui peut être avancé pendant que vous êtes encore en poste doit l'être avant d'annoncer votre départ, jamais après. La prospection pour une future activité, la mise à jour d'un profil professionnel, la reprise de contact avec un réseau qu'on a laissé s'endormir : ces démarches, menées en parallèle d'un emploi encore actif, réduisent la durée réelle de la transition qui suit.

L'annonce, un moment qui se choisit

Le moment où vous annoncez votre départ à votre hiérarchie mérite d'être choisi, pas subi. Éviter une période où un projet critique repose sur vous seul, si votre départ peut attendre sans coût réel pour vous, laisse une trace plus favorable qu'un départ perçu comme un abandon. Ce choix n'a de sens que si le report ne coûte rien à votre propre calendrier : il ne s'agit pas de sacrifier votre transition pour ménager un projet qui ne vous concernera bientôt plus.

Le préavis, une période à ne pas gâcher

Le préavis n'est pas un temps mort à subir en attendant la sortie. C'est une période encore rémunérée, qui peut servir à finaliser une prospection commencée plus tôt, à préparer des entretiens, ou simplement à passer une transmission qui préserve votre réputation dans le secteur. Une transmission bâclée par désengagement pendant le préavis se rappelle plus longtemps qu'on ne le pense, en particulier dans des secteurs où les réseaux professionnels se recoupent.

Partir sans avoir posé les trois plans

Démissionner avec un seul plan en tête, sans avoir envisagé de repli, expose à une pression inutile si ce plan unique n'aboutit pas dans le délai espéré. Cette pression pousse souvent à accepter une solution médiocre par nécessité, exactement ce que les trois plans permettent d'éviter.

Créer une activité sans avoir prospecté avant

C'est l'erreur la plus fréquente chez ceux qui choisissent la voie de la création : attendre d'avoir quitté le poste pour commencer à chercher des clients. Le temps entre le départ et le premier revenu se compte alors à partir de zéro, alors qu'une prospection commencée pendant l'emploi aurait déjà donné une longueur d'avance au moment où le salaire s'arrête.

Brûler les ponts par soulagement

Le soulagement de quitter un poste difficile pousse parfois à des paroles ou des attitudes qui ferment des portes qu'on regrettera plus tard. Un secteur professionnel reste souvent plus petit qu'on ne l'imagine, et une réputation se construit sur la durée d'une carrière entière, pas sur le confort d'un dernier jour.

Ce qui fait abandonner, et ce n'est pas ce qu'on croit

Ceux qui abandonnent un projet de reconversion ou de création ne le font en général pas au moment où les difficultés arrivent : elles sont attendues, presque anticipées. Ils abandonnent au moment où ils cessent de croire que la démarche va aboutir. Ce constat ne promet rien sur l'issue d'un projet, mais il éclaire un mécanisme réel : une difficulté ordinaire, traitée comme un signal d'échec plutôt que comme un obstacle attendu, pèse plus lourd qu'elle ne le devrait.

Basculer vers le plan de repli sans le vivre comme un échec

Si les plans A et B n'aboutissent pas dans le délai que votre réserve permettait, basculer vers le plan de repli reste une décision raisonnable, pas un renoncement à votre valeur. Accepter un poste plus accessible que celui espéré, le temps de reconstituer une stabilité, laisse la possibilité de reprendre plus tard une démarche plus ambitieuse depuis une base plus solide.

Ce sont des extraits du guide. Il va plus loin : il pose les questions dans l'ordre où elles se posent, avec de quoi décider à chaque étape.

Où trouver les chiffres à jour

Les barèmes, montants et délais changent, et ils ne sont pas les mêmes d'un pays à l'autre. Plutôt que de recopier ici des valeurs qui seront fausses dans six mois, voici où les lire à la source, dans les quatre pays où ce livre est vendu.

France

  • Service-Public.gouv.frLe portail officiel de l'administration française : démarches, délais et règles en vigueur.
  • France TravailIndemnisation, durées, démarches d'inscription et d'actualisation.

Belgique

  • Belgium.beLe portail officiel des informations et services de l'État belge.
  • Sécurité socialeChômage, incapacité, droits sociaux : le portail du citoyen.

Suisse

  • ch.chLes informations officielles de la Confédération, des cantons et des communes.
  • SECOAssurance chômage, inscription et indemnités.

Québec

  • Québec.caLe portail du gouvernement du Québec : programmes, montants et démarches.
  • CNESSTFin d'emploi, préavis, recours : ce que prévoient les normes du travail.

Le fichier de suivi qui accompagne le livre

Le livre s'accompagne d'un fichier de suivi : un tableur : vous entrez vos chiffres, il calcule à votre place. Il ne contient aucun montant ni barème : il reprend les outils du livre, pour ne pas avoir à le rouvrir à chaque étape.

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